Toujours en quête de la compréhension totale et abosule

 Exposition présentée au Centre Clark (Montréal) du 9 mars au 15 avril 2017.

Communiqué de presse

Depuis quelques années, Louis Bouvier développe un langage à partir de codes et d’images qui proviennent autant de l’histoire que de la culture populaire. En continuité avec ce qu’il a présenté à la Galerie de l’UQAM (2013) ou plus récemment à L’Écart (2016), Bouvier crée une installation flirtant avec l’in situ dans la plus petite salle de CLARK sur laquelle il intervient en disposant objets, dessins, moulage. L’artiste utilise différentes échelles tant dimensionnelles que spatiales qui offrent de multiples points d’accès à l’installation. Dans cette exposition, le visiteur retrouvera des composantes récurrentes, dont notamment des corniches qui servent de socles pour divers objets, des dessins présentés dans des cadres non standards, la présence de faux fini, des objets trouvés ou modifiés, etc. Bouvier procède par échantillonnage et assemblage de ces éléments afin de créer de nouveaux récits.

À la manière d’un collage ou d’un cadavre exquis visuel, Bouvier compose ses œuvres par amalgame. L’imposante sculpture de plâtre d’un personnage dont le buste est tronqué en est un bel exemple. Reprenant le drapé de la statuaire grecque, le personnage est assis sur un siège du métro de Montréal. Il tient une sphère miroir — en clin d’œil à Anish Kapoor —, dont la surface déforme tout ce qui s’y réfléchit, telle une anamorphose qui permet d’avoir une vue d’ensemble de la salle.

Bouvier présente aussi des dessins aux traitements réalistes qui se distinguent dans leur imagerie. Dans une première série, il procède selon un mode de collection de type herbier. Alors que le fond présente une figure de l’histoire de l’art, des éléments disposés par-dessus sont tirés d’études de phénomènes culturels ou naturels, que ce soit des signes de gangs de rue ou des espèces de papillons. Explorant une autre approche du dessin, l’artiste met également en relation des images fortes de l’histoire de l’art où apparaissent des acronymes issus de la culture moderne. Ainsi, sur la Vénus de la fécondité est inscrit MVP ou Most Valuable Player, expression du moment signifiant qu’un joueur, par ses habiletés, contribue au succès de son équipe. On peut s’étonner de ce rapprochement, mais dans ce cas-ci, le visiteur pourrait interpréter le choix de Bouvier comme une façon actuelle de reconnaitre la valeur iconique de la Vénus et sa qualité de référent historique précis.

Dans le travail de Bouvier, la présence d’Internet est manifeste. Dans sa quête de révéler de nouveaux paradigmes, l’artiste présente une certaine forme de savoir encyclopédique qui lui permet de recadrer et de détourner des références classiques. En mettant tout sur une même ligne temporelle, il crée une certaine forme d’aplanissement des connaissances. À travers ses compositions, plusieurs références dialoguent et se confrontent, créant une atmosphère pseudo-ethnographique. Toujours vers une compréhension totale et absolue constitue donc une approche de remixage historique aux possibilités infinies et aux interprétations tout aussi multiples.

Photos de l’installation:

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Crédit photo : Adrien Baudet